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N° 3482
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tracer une esquisse sommaire n'ait pour résultat de régéné- rer le Cambodge, de prévenir la décomposition finale du royaume, de tirer les populations de leur état d'abjection et de misère, et d'ouvrir dans ces contrées si richement dotées par la nature, un vaste champ à l'activité industrielle et com- merciale des colons européens aussi bien que de nos sujets annamites de Cochinchine.
Votre commission estime donc que le traité du 17 juin 1884, complément logique du traité du 11 août 1863, remède indispensable aux abus monstrueux que nous couvrions de notre pavillon, garantie nécessaire contre le renouvellement des tentatives faites à diverses reprises par le roi Norodom pour se soustraire à ses obligations conventionnelles, mérite l'approbation et la ratification du Parlement. Cette conclu- sion a réuni l'unanimité des suffrages au sein de la commis- sion.
Nous ne terminerons pas néanmoins ce rapport sans op- poser quelques brèves observations aux objections et aux critiques dont l'acte du 17 juin 1884 a été l'objet.
Notre honorable collègue, M. Blancsubé, député de la Cochinchine française, membre de la commission, mais re- tenu loin de nous par la maladie, nous avait saisis, par écrit, d'observations diverses, tendant à modifier le texte de la Convention, appuyées d'une lettre de protestation adressée, postérieurement au 17 juin, à M. Jules Grévy, président de la République française, par le roi Norodom.
Cette lettre du roi, qui porte les traces apparentes de la collaboration des Européens de l'entourage de Norodom, ne contient aucune articulation de fait à laquelle il ne soit ré- pondu d'avance dans l'historique que nous venons de tra-
cer.
Votre commission devait d'autant moins s'y arrêter que notre honorable collègue, M. Blancsubé, lui adressait de Saïgon, le 24 décembre dernier, la dépêche suivante :
Président commission traité Huě et Cambadge,
Chambre des Députés,
Paris.
Boi a approuvé promulgation Cambodge plusieurs actes portant exécution complète Convention 17 juin 84.
Cette nouvelle ratification par roi empêche toute opposition; du reste, arrivé en Cochinchine, après avoir pris informations exactes et avoir vu de près, je retire mon amendement.
JULES BLANCSUBÉ.
Cette dépêche ne faisait que confirmer, avec l'autorité particulière qui appartient à notre honorable collègue, l'opi- nion de notre colonie de Cochinchine tout entière.
Dès le 31 juillet 1884, le Conseil colonial réuni en session à Saigon, décidait, à l'unanimité, l'affectation aux frais d'orga nisation administrative du Cambodge d'une somme de cent mille piastres, précédemment votée par le Conseil en vue de l'annexion de la province annamite du Binh-Thuan.
Il n'est pas sans intérêt de noter que la proposition, acceptée à l'unanimité par le Conseil, émanait de l'initiative de neuf membres de cette assemblée représentative, parmi lesquels cinq sont des représentants élus de la population indigène annamite.
Voici, du reste, d'après le Journal Officiel de la Cochin- chine française du samedi 9 août 1884, les noms des signa- taires de la motion Jourdan, James, Reynaud, Blanchy, Cao-van-sanh, Lehuong, Nguyen-minh duong, Phan-cong thanh, Nguyen-thành-trung.
Le 15 décembre dernier, le Conseil colonial votait encore, à l'unanimité, la résolution suivante dont le texte a été transmis à votre Commission :
« Le Conseil colonial réuni en session ordinaire, s'appuyant sur l'opinion unanime en Cochinchine et convaincu que la Convention signée à Phnom-reab, le 17 juin 1884, en même temps qu'elle est appelée à resserrer les liens d'amitié qui unissent le Cambodge à la France, assurera la paix intérieure et la prospérité du royaume protégé ainsi que le développement des intérêts français
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